Le prologue.
Les ados cherchent l'amour si intensément qu'ils croient le trouver à tous les coins de rues.
Quand j'étais jeune, j'étais pareille. Je cherchais tellement fort, jusqu'à me retrouver inscrite sur des sites de rencontres, jusqu'à atteindre le summum du pathétique donc. Mais au milieu de la foule de pervers, y avait un gars, tu sais, le gars. Love.you.so, c'est tout con comme pseudo, et du coup ça marche à fond. Bien sûr, ça a aussi marché avec moi. Il était gentil, il savait aligner plus de trois mots sans abréviations, il s'intéressait à moi, il me faisait rire, il était quasi parfait dirons-nous. Le feeling passait, les jours aussi, et mes sentiments se sont emballés. L'amitié qui se transforme en amour, c'est bien, mais pas quand ça se passe à des kilomètres de distance, pas quand on ne sait même pas à quoi ressemble le fruit de nos fantasmes.
L'histoire.
C'était il y a des années mais je m'en souviens comme si c'était hier. Je pourrais même te répéter tes mots exacts. Au fil du temps, on a eu des hauts et des bas, des soirées de discussion et des mois de silence. Des engueulades, des tentatives, des échecs, des crises de larmes. Et malgré tout, c'était toujours le bon qui me restait à l'esprit. Peut-être que j'étais juste trop acharnée, que je voulais trop t'idéaliser, que je me voilais la face, mais je voulais y croire malgré tout. J'ai toujours rêvé d'une belle histoire comme ça, une histoire comme dans les livres et les films, une histoire qui finit bien. J'ai tout fait pour ça, tu sais. Je voulais tellement te plaire, je voulais tellement être celle qu'il te faudrait, celle dont tu ne pourrais pas te passer. J'essayais de m'adapter à toi, d'être comme tu le désirais. Je serais revenue des années en arrière juste pour te plaire à nouveau. Quitte à en oublier de vivre. Oui, je ne vivais que par toi et c'était stupide, je le sais désormais. On aurait pu évoluer ensemble, ne jamais perdre contact, une belle histoire quoi. Mais j'en ai trop voulu, trop demandé. En voulant m'attacher à toi, je n'ai fait que te pousser à fuir. Doucement, je ne le voyais même pas, mais tu t'éloignais. Alors que moi, j'avais juste besoin de toi, besoin de cette impression de nous. Et regarde maintenant, on ne se parle même plus. Tu m'oublies peu à peu, en fait tu ne sais peut-être même plus que j'existe, que j'écris pour toi de longs textes à l'eau de rose sur un blog minable. Tu t'en foutrais, tu rirais même de moi. Je sais que tu n'aimes pas ce côté de moi, ce côté exagérateur et exigeant, ce côté qui te suppliais de me pardonner et de rester encore un peu, ce côté qui réclamait ton affection. Je sais que tu me trouverais pitoyable. Je me trouve aussi fort pathétique. Mais c'est comme ça. Tu étais là, tu y es toujours, et tu y seras sûrement encore longtemps.
L'épilogue.
Il me manque à crever.